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21 09 2016

Les plantes thérapeutes : Et si notre médecin sortait de terre ?

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Et si les plantes parlaient de nos émotions les plus sombres, de nos secrets les mieux cachés, de nos héritages les plus lointains ? Si la nature nous offrait le médicament de nos troubles affectifs ?

Médecin homéopathe et ancien chef de clinique à Montpellier, le docteur Bernard Vial s’est penché sur le langage affectif des plantes, qu’il cartographie dans un ouvrage fêtant cette année ses trente ans, le Dictionnaire affectif des plantes. Pressentant une nouvelle voie pour la médecine, il décrit la phytothérapie comme un outil pour mieux comprendre les malades. Il présente son dictionnaire comme un médiateur et un révélateur des conflits que nous avons tendance à refouler. Le principe est donc d’aller chercher la cause pour en trouver le remède.


La sexualité des plantes


Si le langage des fleurs existe dans la médecine, le docteur Vial n’hésite pas à s’appuyer aussi sur l’art, comme celui de la poésie, ou sur la science de la botanique. La sexualité des végétaux est au cœur de toute cette recherche. « Les plantes ont un millier de fois plus que les hommes la capacité d’inventer. » Leur sexualité est modifiée par le fait qu’elles sont plantées. Elles créent des imitations avec les insectes pour se reproduire et utilisent le vent ou encore l’eau. « Lorsqu’on observe les plantes, on doit impérativement regarder ce qu’il se passe dans la sexualité végétale », souligne-t-il. L’homme de santé vise le décodage du conflit affectif plutôt que la simple résolution du symptôme physique. Pour cela, de nombreuses techniques existent, s’appuyant déjà sur le végétal, comme les trente-huit fleurs du Docteur Bach, ou les bourgeons mis en valeur par le Docteur Pol Henry et administrés après une simple prise de sang. Mais depuis une cinquantaine d’années, c’est le profil protéique informatisé du C.E.I.A., inventé par des médecins lyonnais, qui révolutionne l’action des plantes sur nos maux. « Le portrait des protéines du plasma est informatisé et donne une image de synthèse qui correspond à la défense immunitaire et, surtout, à l’état affectif du patient. » Il devient alors aisé, grâce à la mémoire de l’ordinateur, d’associer une plante à un état émotionnel avec une quasi-certitude.


Le romarin contre les conflits fratricides


Le médecin homéopathe s’est donc penché sur le pouvoir des fleurs, mais aussi des plantes, des fruits et des légumes. Il a alors dessiné de véritables portraits des histoires familiales et de ce que la nature offre pour aider à leur résolution. Bernard Vial est un Provençal et il connaît bien sa terre, sur laquelle la lavande fleurit si facilement. Cette fleur bleue et odorante correspond à ceux qui lavent leur linge sale en famille. « C’est la raison pour laquelle on la mettait dans les armoires ou au-dessus des lits. » Le romarin, quant à lui, calme les conflits fratricides. « Il nous ramène à Romulus et Remus qui se disputaient Rome. » Il suffirait de mettre quelques gouttes d’huile essentielle dans un diffuseur placé dans les chambres pour pacifier la fratrie. Pour faire face à un conflit d’autorité, on choisit plutôt la menthe. « Toutes les menthes régularisent les conflits de pouvoir. Chacune d’elles joue sur une petite nuance différente. »


Les légumineuses pour purger certaines idées fixes


Les plantes ont souvent des noms très évocateurs, comme la sauge que l’on appelait salvia. « On dit qu’il n’est pas d’homme sage qui n’a pas de sauge dans son jardin. » La sauge, c’est la plante qui réconcilie les hommes avec eux-mêmes. Pour le Docteur Vial, c’est la reine des plantes médicinales.

Alors que faire de ces plantes ? S’en badigeonner le corps en sortant du bain ? En faire des bouquets à suspendre partout dans la maison ?… Non ! nous pouvons simplement les cuisiner. Les plus grands chefs les utilisent fraîches, séchées ou encore sous forme d’huiles essentielles. « La famille numéro 1 c’est celle des légumineuses qui va nous aider à purger certaines idées fixes et à exorciser le legs de nos ancêtres. » Le haricot, par exemple, aide à résoudre l’idée que nous avons eu des ancêtres cerfs ou esclaves.


Le chou de la colère !


Le végétal jouerait plus qu’un rôle généalogique puisqu’il serait aussi un repère culturel qui marque l’histoire d’une société. En Alsace, c’est le cas du chou, de la famille des crucifères aux connotations soufrées, qui traduit les états de colère. « L’Alsace est un pays agricole devenu industriel et toute la famille se rassemble autour de la choucroute pour, en quelque sorte, retrouver ses origines. » Pour Bernard Vial, il n’y a pas d’autre explication à l’apaisement de la colère des Alsaciens. Du même ordre et pour les mêmes raisons, on dit que la moutarde monte au nez. « La moutarde vient de Dijon qui est la grande ville la plus proche de Paris et, depuis Charles Quint, les rois de France ont réussi à étouffer les ambitions des Bourguignons. À Dijon, on en garde une colère ancestrale. La moutarde est une manière homéopathique de désensibiliser de cette ambiance parisienne qui veut dominer la France par tous les moyens. »



Le poivre, un antidépresseur qui donne du piment


Les hommes s’entoureraient donc des plantes dont ils ont besoin, et le docteur va même plus loin en affirmant que les végétaux poussent autour des gens qui en ont besoin. « En Provence, nous avons un fruit que tout le monde connaît, c’est la tomate qui est le remède contre l’incrédulité pour celui qui ne croit plus en l’amour. Et comme en Provence, nous avons toujours besoin d’être relancés dans ce domaine, nous utilisons la tomate sous toutes ses formes et à longueur d’année. » La pomme de terre, qui est de la même famille, va nous aider à exorciser nos origines paysannes. Et le docteur, insatiable de nous livrer les résultats de son enquête, poursuit en prenant l’exemple du poivre dont le nom latin est piper. « Nous utilisons le poivre pour donner un peu plus de goût à nos plats. Si nous ne le faisions pas, nous pourrions ne rien « piper » à ce que nous mangeons. Mais nous pourrions aussi ne rien « piper » en amour ou sur le plan intellectuel. » Cela a donné la pipérazine, un alcaloïde du poivre utilisé il y a un certain temps pour évacuer les vers chez les jeunes enfants. Cet alcaloïde a été transformé par l’industrie pharmaceutique en antidépresseur. « Lorsque quelqu’un est dépressif, nous lui donnons du poivre. Poivrer et épicer ses plats prévient cet état Il n’y a aucun mystère, la pharmacie va chercher des principes actifs dans les plantes qui nous entourent. »


La bourrache contre les ragots


L’une des plantes préférées du Docteur Vial est la bourrache qui appartient à la famille des Boraginacées. « D’un point de vue étymologique, c’est un ragot qui court sur le père. » La bourrache pourrait donc exorciser tout ce que l’on craint dans le « qu’en-dira-t-on ». Dans cette même famille, le myosotis se spécialise contre les sottises racontées. En anglais, il est appelé forget me not (ne m’oublie pas). La famille des Boraginacées est également constituée des langues de vipère, langues d’oie ou encore langues de chien qui sont toutes des plantes purgeant certaines idées fixes liées aux ragots. Mais les plantes peuvent aussi exprimer des malaises sociaux. C’est le cas du champignon de Paris au sujet duquel le Docteur Vial donne une explication pour le moins inattendue : « Le conflit social du Parisien est de ne pas être dans la couche sociale qu’il mérite. Le champignon de Paris lui donnera l’impression contraire et lui permettra de réussir sa vie. D’une manière générale, tous les champignons sont utilisables pour avoir cette impression de réussite sociale. » Il y a d’autres plantes qui jouent ce rôle, comme le cerfeuil musqué ou encore la salsepareille. « Elles s’adressent à ceux qui pensent que ce sera toujours pareil et qu’il faudra toujours se battre pour gagner une maigre vie. » Parmi les salades, notons que la roquette est une plante qui calme l’amertume quand on constate que l’on a fait une mésalliance ou que son mariage est raté.

 

Retrouver son élan vital avec l’ananas


Les fruits ne sont pas en reste pour nous offrir leurs vertus thérapeutiques, à l’instar du raisin que l’on utilise pour calmer l’angoisse de la vitesse du temps qui passe, ou l’ananas que le Docteur Vial considère comme le remède numéro 1 pour lutter contre l’impression d’avoir perdu tout élan vital. La noix de coco, quant à elle, est un remède extraordinaire quand on a eu des ambitions un peu démesurées qui ont été déçues. « Les personnes qui quittent leur île pour le continent doivent absolument réussir pour ne pas passer pour des “drôles de cocos” et être dévalorisées », précise-t-il. « Le citron, comme tous les agrumes, contient de la vitamine C qui est le remède contre la faiblesse des puissants. Ce sont des fruits excellents pour les personnes voulant prendre des forces pour vaincre ceux qui ont des difficultés avec le pouvoir. Lorsque l’amour se transforme en conflit de pouvoir, l’amertume s’en mêle et on retrouve cette amertume dans le citron. »

 

Le gluten exprime une lutte contre le machisme


Outre les plantes, les fleurs, les légumes et les fruits, Bernard Vial va plus loin et nous parle d’un mélange de protéines que nous connaissons bien pour les allergies qu’il développe : le gluten. « Aujourd’hui, nous mangeons sans gluten car le blé, le seigle ou l’orge sont cultivés par des hommes qui conduisent des moissonneuses-batteuses. Tandis qu’en Asie, une société matriarcale, le riz est récolté à la main par des femmes. Aujourd’hui, il se décline en plusieurs produits pour la cuisine (huile, sucre, lait…). En Europe, les femmes demandent la parité, elles veulent aussi commander, et le gluten est le symbole du machisme qu’elles réfutent. L’allergie au gluten, c’est donc l’allergie à l’autorité des machos. Derrière le gluten, il y a des conflits de pouvoir entre hommes et femmes.



 

Ainsi, mieux connaître ce que l’on mange nous permettrait de mieux nous connaître nous-mêmes. À moins qu’il ne suffise de mieux nous connaître pour savoir de quoi nous avons besoin. Et notre consommation ne serait pas toujours à l’origine de pathologies, au contraire, comme dans le cas du diabète dont le Docteur Vial rappelle qu’il est l’expression d’une souffrance. « Le sucre est un élément de pacification pour adoucir et harmoniser la vie familiale. Nous devenons diabétiques lorsqu’un enfant est parti ou lorsqu’on passe à travers la vie familiale. Le diabète de la cinquantaine correspond toujours au départ d’un enfant. Le diabète de l’enfant signifie : “Je suis le mal-aimé, l’enfant perdu de la famille.” C’est l’hypothèse la plus sérieuse sur l’origine du diabète. » Pour Bernard Vial, nous ne sommes pas diabétiques parce que nous mangeons du sucre mais nous mangeons du sucre parce que nous sommes diabétiques.


Il ne reste donc plus qu’à communiquer avec les végétaux qui en savent certainement plus sur nous que nous ne le soupçonnions…


 

+ : Le Dictionnaire affectif des plantes de Bernard Vial, aux Édition Sauramps Médical.



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